C'est à toi, mon enfant, mon fils,
qu'aujourd'hui j'ouvre mon coeur.
Pour l'instant, tu es encore si jeune,
si petit à mes yeux,
que j'ai peine à croire qu'un jour tu seras grand,
tu seras un homme...
Car peu importe l'âge que tu auras,
pour moi tu seras toujours mon petit homme.
Toutefois, inévitablement tu grandiras,
deviendra cet homme et à ton tour,
organisera ta propre vie qui,
éventuellement ne tournera plus autour de moi,
du moins, pas autant que maintenant.
C'est surtout rendu là que les mots que mon coeur
te livre aujourd'hui auront un sens pour toi,
que peut-être tu en auras besoin.
Il se peut, qu'au cours de ta vie, des gens,
des étapes ou des événements fassent qu'un jour,
tu doutes de toi,
que tu manques de confiance en tes capacités.
Ce jour là, pense à moi, ta mère...
Car un jour, "MOI" j'ai eu confiance en toi
et depuis ce jour, cette confiance ne s'est jamais éteinte...
Pourquoi ? me dis-tu... Voici pourquoi.
Tout a commencé il y a de ça quelques années,
au moment même de ta conception où,
à mon insu, tu as pris place en moi et ce,
malgré mes craintes de ne jamais avoir d'enfants.
J'ai été très surprise,
étonnée d'apprendre que tu étais là... au creux de moi.
J'étais jeune et en santé certes,
mais je n'avais aucune stabilité familiale
à t'offrir en guise de fondation.
Je ne savais alors qu'une chose...
je voulais plus que tout te garder,
te donner la vie, te donner la chance de naître.
Une petite voix, sans trop savoir d'où elle venait,
me murmurait:
"Aies confiance, ce sera un beau petit garçon en santé"
Et j'écoutais cette voix sans trop réfléchir,
par instinct je crois
.
J'avais si hâte de passer un échographie,
dans l'espoir peut-être de me voir confirmer
que tu étais bien ce beau petit garçon en santé.
Mais voilà, on me dit que tu n'avais pas de reins,
donc seule l'avortement était envisageable,
puisque sans reins, tes chances de survie étaient totalement nulles.
D'emblée, je refuse. Cette petite voix, toujours là, à murmurer:
"Aies confiance, ce sera un beau petit garçon en santé"
Quelque chose en moi refusait d'abdiquer,
de baisser les bras et d'admettre la fatalité.
Je croyais en toi.
Chaque semaine, j'allais d'echographie en échographie.
Finalement, c'est au bout de trois semaine que le médecin
a enfin vu des petits reins. Ouf!
Te croyant alors sauvé,
le médecin m'annonce que tu seras
probablement trisomique. Pas d'autre choix,
il me faut passer une amniocentèse,
afin de vérifier ce détail.
Ce n'est qu'au bout que quelques semaines
qui m'ont semblées interminables,
que les résultats leurs ont donné tort encore une fois.
Le médecin, acharné comme celui qui
cherche absolument la petite bête noir
m'annonce toutefois qu'il est probable
que tu naisses avec les deux sexes.
Un autre tracas à l'horizon,
tout semblait vouloir me confirmer que
l'avortement semblait être sans cesse la seule issue logique.
Mais je continuais toujours à refuser cette solution.
La petite voix étant toujours là, en moi.
Je croyais en toi.
Comme si ce n'était pas assez,
rupture de la membrane m'a-t-on dit.
Ce qui menaçait ta vie encore une fois.
J'ai donc du être alitée pour le reste de ma grossesse.
C'est là, qu'au cours de la vingt septième semaine
de grossesse sur quarante de prévues,
que tu décide qu'il était temps pour toi de naître.
Encore là, pas facile...
Les médecins ont du pratiquer une césarienne
de toute urgence afin de facilité ta venue au monde
pour finir par réaliser que ton petit coeur
avait cessé de battre.
Tu étais à peine arrivé que tu nous avais déjà quitté.
C'était l'hystérie, la course folle pour la réanimation.
Vingt longues et interminables minutes
d'acharnement pour te redonner la vie une seconde fois...
Ils ont réussi, voilà ton tout petit coeur
qui se remettait à battre à tout rompre.
MIRACLE ! dis-je... il est en vie.
Cette petite voix qui, en moi, me murmurait toujours:
"Aies confiance, ce sera un beau petit garçon en santé"
Bien elle avait raison. Aujourd'hui,
tu n'en a aucune séquelle,
tu es beau, tu es en santé,
tu es magnifique mon fils.
Cette petite voix, était-ce toi? Je ne le sais pas.
Ce que je sais toutefois,
c'est que j'avais confiance en toi, en l'amour, en la vie.
Et plus que tout, je remercie cette petite voix,
grâce à laquelle tu es là, auprès de moi aujourd'hui.
Alors si un jour, peu importe la raison,
tu doutais de toi ou de mes sentiments à ton égard,
rappelles-toi combien un jour j'ai eu "MOI" confiance en toi.
Et n'oublie jamais qu'avec cette même confiance
tout comme avec de l'amour... tout espoir est permis.
Ne baisse jamais les bras,
même si tout autour de toi semble vouloir t'en convaincre.
Tu as tout, en toi, tout ce qu'il te faut pour
réussir ta vie et surmonter les embâcles
qui se dresseront en travers de ta route.
Tu as tout pour réussir... tu l'as déjà prouvé une fois, non?
Je t'aime mon enfant... mon fils, plus que tout au monde.
Maman xo
Oasis ©
droit d'auteur
25 mai 2001